Culture économique et managériale

Un des points clés lorsqu’on prépare l’agrégation d’économie gestion (ou le CAPET), c’est aussi d’avoir une bonne culture économique et managériale. Qu’est ce que j’entends par là ? Simplement la possibilité de raconter des histoires… qui forment l’Histoire économique et managériale.

A quoi ça sert ? et faut-il le faire ? Il y a évidemment un très gros risque. Le risque, c’est de se perdre et de perdre trop de temps à lire des choses qui sont périphériques au programme. Cependant, il y a tout de même beaucoup à gagner : Développer un stock d’accroches pour ses dissertations, être plus à l’aise pour pouvoir illustrer ses théories dans le développement de ses dissertations et aussi avoir des histoires à raconter à ses élèves… Pas mal, non ? Et en plus, lire un de ces livres pendant la préparation des concours permet souvent de se détendre un peu les neurones…!

Autre chose, il y a quelques années, une des épreuves d’admission (orale donc) était le TEJS (thème économique, juridique et social). L’idée était simple (mais dévastatrice sur le plan de la sélection des candidats) et portait comme son nom l’indique sur la culture économique, sociale (ou plutôt sociologique) et juridique. Il semblerait que les jurys regrettent beaucoup cette épreuve et que logiquement, ils soient à la recherche, lors des épreuves « normales » d’oraux de signes de culture dans les domaines précités.

Ici, je vous propose quelques livres qui, personnellement, m’ont extrêmement marqués. Certains font clairement partie des meilleurs livres que j’ai lus de ma vie.

  • L’établi, de Robert Linhart. Le mot établi avait deux sens. Le premier évoque évidemment l’établi, l’espace de travail où on réalise un travail d’artisan. L’auteur se pose la question du devenir et de la place de cet établi avec l’avènement du travail à la chaine. L’autre sens, plus politique et nettement plus enraciné chronologiquement, désignait les intellectuels (ENS etc.) de gauche (extrême gauche) qui allaient « s’établir » dans des usines (ou dans les campagnes) pour y essaimer les idées et les mouvements sociaux. Pour moi, ce livre est un MUST. Il renseigne sur la sociologie du travail mais aussi sur un mouvement qui a profondément participé à la transformation de la société (et auquel mon père était proche, pour la petite histoire).
  • Toyota, l’usine du désespoir, de Satoshi Kamata. Récit d’un journaliste qui a travaillé dans l’usine principale de Toyota lors de la mise en place du système Toyota. Un must… Parle du lean, de ses principes et de ses limites. C’est un journal de bord. Très intéressant et facile à lire.
  • Souffrance en France, de Christophe Dejours. En fait, ce livre devrait surement être dans la bibliographie pour l’option RH. C’est un must. Dans ce livre Christophe Dejours présente un état des lieux des liens entre travail et maladies professionnelles. C’est lui qui est à l’origine (en grande partie en tous cas), de l’émergence de l’intérêt autour de la souffrance au travail. Ceci dit, il faut le comprendre dans un sens particulier : la souffrance advient lorsque le travail (ou l’activité de travail) se heurte au réel. Ce qui arrive nécessairement et qui permet, par la souffrance, de surmonter ces résistances, de faire avec, de faire différemment. Ses analyses permettent par exemple de mieux comprendre la fraude (au sens large) dans le monde du travail. Si jamais vous voulez un extrait des idées de Dejours, il  y a eu un bon documentaire qui s’intitulait « J’ai très mal au travail » de Nicole Aubert, Paul Aries et Christophe Dejours. Le deuxième CD est une interview de Dejours. Vraiment, ça vaut le coup, l’hiver au coin du feu (plus sérieusement, ça vaut le coup, après une grosse journée de travail, sur son ordinateur portable, sous la couette !).
  • Temps, discipline du travail et capitalisme industriel de Edward Thompson. Excellent petit livre qui explique comment les industriels ont du discipliner la main d’oeuvre. Et comment l’horloge et non pas la machine outil est l’outil emblématique de la révolution industrielle. Des petites histoires très intéressantes à reprendre et raconter (par exemple comment les ouvriers et les contremaitres se battaient pour l’horloge : quitte à changer les aiguilles pour gagner un peu de temps de travail gratuit,…). Un régal.
  • Deux contre un, de Théodore Caplow. Un super livre de sociologie (et/ou de stratégie) sur les triades. L’idée est que toute situation sociale se réduit en fait à une triade. Et ce n’est pas nécessairement le plus fort qui a le plus de pouvoir ! Passionnant. Mais rare.
  • Autre livre rare mais super intéressant en termes de culture économique, c’est le livre Penser à l’envers de Benjamin Coriat. Il explique comment le toyotisme est né. Dans sa version, le toyotisme nait d’un mouvement institutionnel, initié par les banques ! (notamment pour sortir l’entreprise d’une crise qui l’a amené au bord de la faillite). Encore… passionnant !
  • Freakonomics de Levitt et Dubner. Franchement, s’il y a bien un livre d’économie (de microéconomie en particulier) qu’il faut lire, c’est celui ci. Il pose des questions intéressantes (enfin, qui m’ont intéressées) telles que « pourquoi les dealers vivent ils chez leur mère ? ». Voici ci-dessous une petite vidéo de l’auteur qui raconte comment le thésard qui a commencé à travailler avec un des gangs de Chicago (si je me souviens bien) a failli avant tout se faire étriper… Bref, autant hilarant qu’intéressant en terme de mobilisation de la théorie économique (notamment des incitations).

  • Evidemment, il y a une de mes idoles. Tim Ferriss. J’en parlerai principalement dans d’autres sections de ce blog, mais un livre qui est intéressant en termes de productivité. Le principal (et plus vieux et plus emblématique de Tim Ferriss est « La semaine de 4 heures« . C’est une mine d’or en termes d’aide à l’amélioration de sa productivité personnelle et de focus sur ce qui importe vraiment. Lorsqu’on révise l’agrégation, avoir lu ce petit livre peut faire une grande différence !

Bon… C’est tout pour aujourd’hui.

Laisser un commentaire